jeudi 22 décembre 2011
LE VATICAN
Le Vatican … 26 novembre, 2010
Classé dans : 21 LE VATICAN ET SES HISTOIRES,21.0 Le Vatican — André @ 10:36
Le Vatican, le Saint-Siège ou l’État de la Cité du Vatican, les deux dernières variantes étant utilisées aussi bien en forme courte que longue, en latin Civitas Vaticana et Status Civitatis Vaticanae, en italien Vaticano, Santa Sede et Stato della Città del Vaticano, est un État enclavé dans la ville de Rome en Italie, support territorial du Saint-Siège. Il compte 900 habitants sur une superficie de 0,44 km², ce qui en fait le plus petit État au monde.
Il a été créé le 11 février 1929 comme représentation temporelle du Saint-Siège (ensemble des institutions de l’Église catholique romaine), aux termes des accords du Latran signés par celui-ci, représenté par le cardinal Gasparri et l’Italie, représentée par Mussolini.
La langue véhiculaire est l’italien, et non le latin, qui est langue de l’Église catholique romaine. Toutefois, le latin est la langue juridique de l’État : le texte de référence des publications officielles est en général rédigé en latin, puis traduit dans diverses autres langues.
Le français en est la langue diplomatique : le Vatican se fait enregistrer comme État francophone auprès des organismes internationaux.
Selon les étymologistes anciens comme Festus Grammaticus (cité par Paul Diacre), ce nom de Vaticanus tirerait son origine du mot Vaticinium, ou plus exactement Vātēs ou Vātis signifiant « devin » ou « voyant », parce que beaucoup de devins auraient résidé de ce côté du Tibre, car on sait notamment que sous Tibère, l’art de la divination était interdite à Rome même (c’était un délit passible de la confiscation des biens et de la relégation)4.
D’autres parlent d’une ville étrusque nommée Vaticum, qui aurait jadis existé à cet endroit.
Histoire de l’État du Vatican.
La Cité du Vatican est le reliquat des anciens États pontificaux. La justification historique de ce pouvoir temporel réside dans la donation de Constantin, un faux par lequel l’empereur Constantin Ier aurait donné au pape Sylvestre la primauté sur les Églises d’Orient et l’imperium (pouvoir impérial) sur l’Occident (le caractère apocryphe de ce document a été établi en 1442 par l’humaniste Lorenzo Valla).
La cité se situe sur ce que l’on appelait dans l’antiquité l’ager Vaticanus qui se compose d’une petite plaine (la plaine vaticane) aux bords du Tibre, se relevant à quelque distance en une colline d’une faible élévation, les Monts Vaticani (colline Vaticane).
Dès avant la naissance de Jésus, furent construites quelques villas, bâties autour de « jardins impériaux » qui furent propriété d’Agrippine. Le fils de cette dernière, l’empereur Caligula (37-41 ap. J.-C.), y fit réaliser un cirque privé, le Circus Vaticanus, dont l’actuel obélisque du Vatican constitue un de ses seuls vestiges. C’est là, ainsi que dans les jardins adjacents, qu’eut lieu le martyre de nombreux chrétiens de Rome à l’époque de Néron (54-68). Saint Pierre fut enterré au nord de ce cirque, dans une nécropole qui longeait une route secondaire, la via Cornelia. Sur le lieu de sa sépulture, l’empereur Constantin fit édifier entre 326 et 333 une basilique grandiose à l’emplacement du site de l’ancien cirque romain qui fut alors démoli. L’édifice fut substitué par la basilique actuelle au cours des xvie et xviie siècles.
Situation du Circus Vaticanus, par rapport à la basilique constantinienne et la Basilique actuelle.
Au ve siècle, le pape Symmaque y fit construire une résidence dans laquelle quelques personnages illustres vinrent séjourner, tel Charlemagne lors de son couronnement (800). Au xiie siècle, Célestin II, puis Innocent III la firent rénover. La construction du Palais du Vatican débuta sous le pontificat de Nicolas V durant la première moitié du xve siècle.
Le 20 septembre 1870, après l’évacuation des troupes françaises, Rome est conquise par les troupes piémontaises et rattachée au Royaume d’Italie. Le Pape Pie IX qui résidait au palais du Quirinal (devenu depuis, la résidence officielle des rois d’Italie, puis du président de la République italienne), refusa de reconnaître la perte de son pouvoir temporel et se réfugia au Palais du Vatican, entrant en conflit avec l’État italien (c’est le début de la « question romaine »). Cette controverse politique durera jusqu’aux accords du Latran en 1929.
Politique du Vatican et Saint-Siège.
Le Vatican est un État théocratique. Le pape dispose du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire). Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur nommé qui est également chargé de la représentation diplomatique. Une commission composée de cinq à sept cardinaux exerce par délégation le pouvoir législatif. Les institutions du Vatican sont réglées par une constitution, dont la première mouture a été rédigée par Pie XI au moment des accords du Latran. Actuellement, le Vatican est régi par la loi fondamentale du 22 février 2001. Ses lois sont consignées dans les Acta Apostolicæ Sedis.
C’est une monarchie élective, c’est-à-dire que le chef de l’État est élu et règne à vie.
La citoyenneté vaticane n’est pas l’expression d’une appartenance nationale. Elle est liée à l’exercice de fonctions au sein du Vatican ou du Saint-Siège. Par conséquent, cette citoyenneté vient toujours s’ajouter à une nationalité d’origine. Dès que ces fonctions cessent, la citoyenneté cesse. Ainsi, un prélat de la Curie prenant des fonctions pastorales perd sa citoyenneté. Celle-ci est attribuée également au conjoint et à la famille (ascendants, descendants et collatéraux directs) des fonctionnaires du Vatican. Les garçons en perdent les bénéfices à l’âge de 25 ans et les filles, au moment de leur mariage.
C’est le Saint-Siège, organe de gouvernement de l’Église catholique romaine, et non l’État de la Cité du Vatican qui fait l’objet d’une représentation internationale. Il dispose d’un siège d’État non membre observateur à l’ONU. Il s’agit du seul état pleinement souverain qui n’est pas membre de l’ONU.
Politique étrangère du Vatican.
La diplomatie du Saint-Siège est l’activité de négociation internationale de l’Église catholique. Avant la Réforme et le siècle des Lumières, la papauté a exercé à plusieurs reprises des fonctions d’arbitre entre les souverains chrétiens européens. La diplomatie du Saint-Siège trouva sa première expression formelle véritable vers la fin du xie siècle quand le pape commença à envoyer des légats vers les différents royaumes de la chrétienté. Il s’agissait de permettre au clergé résident d’avoir une plus grande marge de manœuvre à l’égard des autorités civiles locales.
À partir du xvie siècle, la papauté s’adapte à l’émergence de l’État-nation : les premières nonciatures apparaissent, avec à leur tête un archevêque venant de Rome. Fragilisée par la Réforme et le développement de la philosophie des Lumières, l’autorité du Saint-Siège est contestée, mais celui-ci reste toujours présent sur la scène internationale. La légitimité de la diplomatie pontificale dans la sphère internationale est ensuite entérinée à plusieurs reprises par des traités de référence (le congrès de Vienne en 1815 et la conférence de Vienne de 1961 codifiant le droit diplomatique).
Son rôle d’acteur international est aujourd’hui pleinement reconnu depuis les accords de Latran : on attribue au Saint-Siège un statut égal à celui des autres États, même s’il n’est dans les faits qu’un gouvernement. C’est, à l’heure actuelle, la seule autorité religieuse disposant d’un tel statut en droit international public. La langue diplomatique du Vatican, comme dans nombre de pays, est le français.
Géographie du Vatican.
Du fait de sa très faible superficie, le Vatican est le plus petit État souverain du monde ; il représente un cinquième de la principauté de Monaco et peut être qualifié de micro-État. Il est enserré dans des murailles imposées par l’article 5 des accords du Latran, entièrement enclavé dans le territoire italien et plus particulièrement dans la ville de Rome. Cette enclave comprend notamment la place Saint-Pierre, la basilique Saint-Pierre, le Palais apostolique, les Musées du Vatican et des jardins.
Le Saint-Siège a également la souveraineté sur plusieurs bâtiments situés hors de la Cité vaticane, qui bénéficient de l’immunité diplomatique, à l’instar d’une ambassade. Il s’agit notamment de :
l’ensemble du Latran : la basilique Saint-Jean de Latran, le palais et ses annexes, ainsi que la Scala Santa ;
la basilique Sainte-Marie-Majeure ;
la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs et son monastère ;
plusieurs palais abritant les services de la Curie romaine : les palais de la Daterie et de la Chancellerie (sièges de la Rote romaine, du Tribunal suprême de la Signature apostolique et de la Pénitencerie apostolique), le palais de la Propagation de la foi (siège de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples), etc. ;
le complexe de Castel Gandolfo, résidence d’été du pape.
En outre, l’Université grégorienne, la station d’émission de Radio Vatican située dans la banlieue de Rome et divers autres bâtiments sont exempts d’impôts et préservés de toute expropriation. Ces bâtiments ne font pas partie stricto sensu de l’État de la Cité du Vatican.
De plus, le Vatican possède la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro ainsi que le terrain sur laquelle elle est construite, en vertu d’une extra-territorialité inscrite dans la Constitution ivoirienne.
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