jeudi 22 décembre 2011

SEMINAIRE D' ECÒNE


Mgr Marcel Lefebvre 9 mars, 2011
Classé dans : 29 L'HISTOIRE DES CONCILES,29.4 Mgr Lefebvre — André @ 15:38
LE MOUVEMENT LEFEBVRISTE ET SON SCHISME



Marcel Lefebvre est un homme d’église français né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord) et mort à Martigny (Valais) le 25 mars 1991. Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d’Écône, créés pour « former des séminaristes en vue de la prêtrise ». En 1988, il est excommunié latæ sententiæ pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l’aval de Rome.

Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905, est issu d’une famille catholique dont cinq enfants sur huit deviennent prêtres ou religieux. Son père (René Charles Joseph Marie, né le 23 février 1879 à Tourcoing), meurt le 4 mars 1944, d’une hémiplégie suite aux coups donnés par son gardien, au camp de Sonnenburg1 où il était interné pour faits de résistance, ce qui lui avait valu deux condamnations à mort à Berlin le 28 mai 1942, pour intelligence avec l’ennemi et recrutement de jeunes gens pouvant porter les armes contre le Grand Reich allemand.
Élève de l’Institution libre du Sacré-Cœur, entré au séminaire français de Rome en 1923 (ses études lui inspirent une fascination pour les papes, au point de vouloir probablement devenir l’un d’eux2), il est ordonné prêtre en 1929 par l’archevêque de Lille Mgr Liénart. Déjà docteur en philosophie, il devint docteur en théologie l’année suivante. Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch, son professeur3, il lui reste fidèle bien que celui-ci ait été contraint de quitter son poste de recteur au séminaire français pour ses sympathies maurrassiennes (l’Action française venait d’être condamnée par Pie XI en 1926). Après un an comme vicaire dans une paroisse de la banlieue ouvrière de Lille, il entre au noviciat de la congrégation du Saint-Esprit (congrégation missionnaire dont les membres sont plus connus sous le nom de spiritains). Il fait profession religieuse en septembre 1932.
Missionnaire[modifier]
Articles détaillés : Archidiocèse de Dakar et Cathédrale de Dakar.
Il devient missionnaire au Gabon. Il s’y implique dans des postes de brousse et dirige le séminaire. À la Seconde Guerre mondiale, il est encore mobilisable et est affecté à la colonie. Il est rappelé en France, en 1945 et est nommé supérieur du scolasticat des spiritains à Mortain.
En 1947, il retourne en Afrique comme évêque et vicaire apostolique de Dakar (dans un pays, le Sénégal, de 1.7 millions d’habitants et 54 000 catholiques), où il fonde l’année suivante le Cours Sainte-Marie de Hann, un établissement privé ambitieux, destiné à accueillir des élèves venus de toute l’AOF. Pie XII lui donne la charge de délégué apostolique pour l’Afrique francophone (plus de 40 diocèses), avec la mission d’africaniser l’Église en Afrique : pour cela, il crée des séminaires et confie des responsabilités au clergé local ; il doit aussi rechercher les personnes aptes à devenir évêques ; il est remplacé à cette charge le 9 juillet 1959 par Mgr Émile Maury. En 1955, il est le premier archevêque de Dakar. Il y est remplacé en janvier 1962 par Mgr Hyacinthe Thiandoum4 qu’il avait ordonné prêtre en 1949.
Il est alors nommé évêque de Tulle (France), tout en restant archevêque à titre personnel. Cette même année, il est élu supérieur général des spiritains. Il renonce alors au diocèse de Tulle et est nommé par Rome en août 1962, archevêque In partibus de Synnada en Phrygie5.

DU CONCILE VATICAN II À LA FONDATION DU SÉMINAIRE D’ÉCÔNE

Monseigneur Marcel Lefebvre, ancien archevêque de Dakar puis de Tulle, et enfin supérieur général des Pères du Saint-Esprit, était l’un des chefs de file de la minorité traditionaliste au Concile. À cette époque, il considérait que l’abbé de Nantes exagérait en affirmant, dès la fin de la première session (décembre 1962), qu’une révolution s’opérait dans l’Église. Lui préférait faire confiance au Pape et travailler à l’amendement des textes conciliaires les plus mauvais. Finalement, il les signa tous, y compris le décret sur la liberté religieuse.

Lorsque le 1er juillet 1968, l’abbé de Nantes, sur ordre de Paul VI, fut sommé de rétracter ses critiques du Pape, du concile Vatican II et des évêques français, et de leur jurer à tous une obéissance entière, inconditionnelle et sans limites, cela sans qu’on lui ait indiqué quelles étaient ses éventuelles erreurs, il alla demander conseil à Mgr Lefebvre. Le prélat le dissuada de signer cette rétractation exorbitante : « Vous ne le pouvez pas. Vous n’en avez pas le droit. Nous-mêmes l’avons écrit en son temps au Souverain Pontife : la cause de tout le mal est dans les Actes du Concile. Soyez ferme dans la vérité. » Toutefois, il laissa notre Père aller seul au Palais du Saint-Office faire savoir à ses juges son non possumus ! Car officiellement, à cette époque, Mgr Lefebvre se présentait comme un fils soumis au pape Paul VI et aux autorités de l’Église.

Quelques semaines plus tard, l’ancien archevêque de Dakar se démit de sa charge de supérieur général des Pères du Saint-Esprit. Depuis la réforme liturgique, en effet,il voulait ouvrir un séminaire. Son raisonnement était simple : le nouvel ordo missæ,plus protestant que catholique, prouvait que la foi se perdait dans l’Église, il fallait donc préparer une élite sacerdotale, de “ vrais prêtres ”, pour la préserver. Ce séminaire était donc, à ses yeux, une œuvre de première nécessité. Afin de ne pas la compromettre et pour obtenir toutes les autorisations canoniques nécessaires, la prudence lui dicta de garder le silence dans les controverses de l’époque.

En novembre 1970, il arriva à ses fins : la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X était canoniquement fondée et le séminaire d’Écône, en Suisse, pouvait ouvrir ses portes.

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